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[Enquête] En 2019, 1 conducteur sur 4 s’est fait peur au volant… à cause de son smartphone


3ème baromètre Fondation MAIF & IFSTTAR sur les usages du smartphone au volant
Selon le dernier baromètre « Usage du smartphone au volant » publié chaque année par la Fondation MAIF et l’IFSTTAR, 49% des conducteurs français utilisent leur smartphone au volant en 2019. Chaque année, malgré la prévention et les mesures gouvernementales, ce taux ne cesse d’augmenter : plus 10 points depuis 2016. Le baromètre met également en avant une multiplication des usages les plus complexes et les chiffres sont particulièrement inquiétants au vu de la dangerosité de ces comportements au volant. 

* Etude réalisée du 20 juin au 14 juillet 2019 par l’IFSTTAR grâce au financement de la Fondation 
MAIF sur un échantillon représentatif de la population française de 2525 personnes âgées entre 18 et 65 ans. 
Smartphone au volant : des usages de plus en plus complexes 

L’application de Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), votée le 19 novembre dernier, devrait permettre une suspension ou rétention du permis de conduire pour les conducteurs commettant une infraction en ayant leur téléphone en main. Malgré un durcissement de la loi et une prévention qui reste omniprésente, les conducteurs français ont du mal à abandonner leurs mauvaises habitudes. Tenu à la main en conduisant, dans les bouchons, en GPS ou en mains-libres, le smartphone est devenu, pour la plupart des conducteurs français, un outil indispensable lors de leurs déplacements.

Selon le baromètre des usages du smartphone au volant réalisé par la Fondation MAIF et l’IFSTTAR, la part des conducteurs qui utilise son smartphone au volant augmente chaque année : 39% en 2016, 43% en 2017, 46% en 2018 et 49% en 2019. Cet usage est très lié à l’âge (60% des moins de 45 ans et jusqu’à 65% des 25-34 ans) et aux kilomètres parcourus (60% de ceux qui font plus de 15 000km/an).

On note également une complexification des usages qu’en font les conducteurs en 2019. Les conversations (43% des conducteurs) ne sont plus l’usage principal du téléphone au volant : 48% des conducteurs l’utilisent pour d’autres raisons. 37% des conducteurs ont reçu ou envoyé des messages, dont 36% des SMS, 23% des messages instantanés, 19% des emails. 1 conducteur sur 5 surfe sur le net derrière son volant et 36% utilisent ce terminal comme GPS.

Plus inquiétant au vu de la dangerosité de ces comportements, 66% des conducteurs qui ont reçu des messages en 2019 ont reçu des messages complexes, c’est-à-dire qui combinent du texte et des photos ou des vidéos, 55% en ont envoyé et 48% ont échangé des messages en groupe.

Des équipements qui ne sont pas toujours adaptés à l’usage du smartphone au volant

En 2019, le téléphone est de plus en plus utilisé en mains-libres : 95% des conducteurs qui utilisent le téléphone au volant ont utilisé au moins occasionnellement une forme de mains-libres. Cependant, les kits mains-libres intégrés, qui sont les plus compatibles avec une conduite sécuritaire, restent sous-utilisés. Seuls 65% des conducteurs qui téléphonent les utilisent au moins occasionnellement, et 46% le font fréquemment. Des différences sont sensibles en fonction des profils : le téléphone est bien plus souvent posé sur un support pour les plus jeunes (84% des 18-24 ans) et ceux qui conduisent moins (66% des de ceux qui font moins de 10 000km/an). A l’inverse, l’usage du kit mains-libres intégré augmente avec l’âge, car les conducteurs sont mieux équipés, et avec les kilomètres (77% de ceux qui font plus de 15 000 km/an).

Comme chaque année, près de la moitié des conducteurs (47% en 2019) avouent avoir fait tomber leur téléphone en conduisant au moins une fois dans l’année. Un résultat que l’on peut mettre en regard avec les usages de plus en plus complexes, mais qui témoigne également de l’inadaptation de certains équipements téléphoniques avec la conduite. Sans surprise, 70% des 18-24 ans, généralement moins bien équipés en kits intégrés, ont fait chuter leur smartphone au volant en 2019.

Plus inquiétant encore, 1 conducteur sur 4 avoue s’être déjà fait peur en utilisant son smartphone au volant de sa voiture. Les moins de 45 ans, les grands rouleurs et les professionnels sont plus touchés, ce qui pourrait s’expliquer par leur usage plus important des fonctions complexes du téléphone … tout comme un équipement inadapté et une faible expérience de la conduite pour les 18-24 ans : 46% d’entre eux se sont fait peur en 2019.

Marie-Pierre Bruyas, chercheur à l’IFSTTAR, décrypte « Le nombre de conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant augmente d’année en année, pour des usages de plus en plus complexes. Cette tendance est très préoccupante au vu de la dangerosité de certains comportements. En effet, toute manipulation qui implique de longs détournements du regard augmente fortement le risque d’accident. On peut regretter que les commandes vocales et les dispositifs mains-libres restent encore sous-utilisés, car ils permettent de limiter les comportements les plus dangereux. A cet égard, faire tomber son téléphone en conduisant ou bien se faire peur en l’utilisant sont très liés au type de dispositif utilisé. En effet, ceux qui se font le plus peur au volant sont ceux qui utilisent les fonctions les plus complexes de leur téléphone et les plus jeunes qui ont souvent un matériel peu adapté à la conduite ».

Des utilisateurs conscients des risques et des usages favorisant la sécurité qui progressent

Si le téléphone au volant est d’abord jugé utile par l’ensemble des conducteurs, ses côtés envahissant et distracteur pour la conduite sont également mis en exergue. Le téléphone est avant tout utile comme outil d’aide au déplacement et se substitue progressivement à la radio pour l’écoute de la musique. Cependant même s’ils ont conscience de la dangerosité de leur comportement, les utilisateurs reconnaissent prendre un risque très important et faire des erreurs de conduite lorsqu’ils lisent ou envoient un message au volant.

L’étude a également abordé la dernière mesure gouvernementale qui permettrait de retenir le permis de conduire d’une personne qui tiendrait son smartphone à la main tout en commettant une infraction : seul un tiers des sondés déclarent la connaitre, avec un pic à 60% pour les conducteurs professionnels. Une mesure globalement mal acceptée avec une note d’adhésion de 5,7 sur 10.

Marc Rigolot, Directeur Général de Fondation MAIF, conclu « Malgré la règlementation et les campagnes de communication sur le risque lié à l’usage du smartphone au volant, les pratiques ne cessent de croître. C’est particulièrement inquiétant lorsque l’on constate que les usages nécessitent de plus en plus de manipulations et des regards sur l’écran, plus dangereux. Même si les systèmes main-libre intégrés, qui permettent de limiter ces phases d’inattention progressent, ces tendances restent préoccupantes ».

Infographie et restitution de l’étude disponibles sur le lien suivant :
https://www.fondation-maif.fr/pageArticle.php?&rub=10&id=1092

A propos de la Fondation MAIF :
La Fondation MAIF est une Fondation reconnue d’utilité publique. Elle a pour mission d’étudier les comportements humains et le monde qui nous entoure afin de prévenir au mieux les risques qui affectent les personnes et leurs biens au quotidien. Elle étudie quatre domaines de risques : ceux liés à la mobilité, à la vie quotidienne, les risques numériques et les risques naturels. Convaincue qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la Fondation MAIF développe des outils de prévention et de formation et mène des actions concrètes de sensibilisation en direction du grand public et des institutions.
www.fondation-maif.fr  

A propos de l’IFSTTAR 
Acteur majeur de la recherche européenne sur la ville et les territoires, les transports et le génie civil, L’IFSTTAR, l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, est né le 1er janvier 2011 de la fusion de l’INRETS et du LCPC. L’IFSTTAR est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle conjointe du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
www.ifsttar.fr

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