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Enquête sécurité routière : la moitié des français utilise son smartphone au volant


3èmebaromètre Fondation MAIF & IFSTTAR sur les usages du smartphone au volant
Paris, le 17 janvier 2019 – Selon le gouvernement, le smartphone au volant est une cause importante d’insécurité routière et pourrait expliquer près de 10% des accidents corporels. Le gouvernement a récemment promis de durcir les mesures répressives afin de réduire ce fléau. Pour autant, selon les résultats du 3èmebaromètre* « Usages du Smartphone au Volant » publiés par la Fondation MAIF et l’IFSTTAR, les usages, en quantité et en diversité, sont en constante augmentation : 46% des conducteurs utiliserait encore son téléphone au volant en 2018 contre 39% en 2016. 

Smartphone et conduite, une banalisation inquiétante ? 
La généralisation des smartphones a entraîné une explosion de l’usage du téléphone sur la route. Tenu à la main en conduisant, dans les bouchons, en GPS … il est devenu, pour la plupart des français, un outil indispensable pendant la conduite. La part des conducteurs qui utilisent leur smartphone au volant continue d’augmenter chaque année : 39% en 2016, 43% en 2017 et 46% en 2018. 54% des 35-44 ans s’en servent en conduisant et, plus inquiétant, le taux grimpe à 61% chez les 24-34 ans. Les utilisateurs fréquents sont bien plus nombreux que les occasionnels : 41% d’utilisateurs fréquents contre 16% d’occasionnels chez les moins de 45 ans (31% versus 14% pour l’ensemble des conducteurs).Les conversations stagnent en 2018 (39%), mais les autres usages se développent et deviennent prépondérants. Ils concernent 42% des sondés. L’usage des applications GPS bondit de 10 points en deux ans pour atteindre 32% en 2018. 34% des conducteurs consultent leurs messages au moins de temps en temps et 26% en envoient. Parallèlement, les messages se complexifient et combinent de plus en plus texte, image et/ou vidéo : une pratique très liée à l’âge qui concerne près de la moitié des jeunes conducteurs.

« Le smartphone est devenu pour beaucoup, une béquille indispensable. Il fait de nous des assistés. Le nombre de prise en main par jour ne cesse de croître, et comme les usages se multiplient, résister à l’appel sonore d’une notification est une performance. C’est vrai partout, y compris dans le cocon douillet de sa voiture où le smartphone devient également de plus en plus pour le conducteur, une extension de la main », explique Marc Rigolot, Directeur Général de la Fondation MAIF.

Des utilisateurs conscients des risques et des usages favorisant la sécurité
Si le téléphone au volant est d’abord jugé utile par l’ensemble des conducteurs, ses côtés envahissant, distrayant et stressant sont également mis en exergue. Même s’ils sont nombreux à l’utiliser, les français semblent plutôt conscients de la dangerosité du smartphone et l’utilisent de façon de plus en plus sécuritaire : 72% des usagers qui conversent au volant utilisent un kit mains-libres au moins de temps en temps. Ils étaient 66% en 2017 et 60% en 2016. Les messages restent toutefois plutôt lus et écrits que écoutés et dictés : seuls 23% des conducteurs qui reçoivent des messages les écoutent au moins de temps en temps et 32% de ceux qui en envoient les dictent. Lorsqu’ils évaluent leur utilisation du téléphone au volant, seuls 10% des conducteurs pensent en avoir un usage intensif. Les résultats étaient très similaires en 2017, mais ils étaient toutefois moins nombreux à estimer en avoir un usage intensif (8%).

L’étude a également abordé la dernière mesure gouvernementale qui permettrait la suspension du permis de conduire à une personne qui tiendrait son smartphone à la main tout en commettant une infraction : seul un tiers des sondés déclarent la connaitre. Une mesure globalement mal acceptée avec une note d’adhésion de 5,6 sur 10.

Marie-Pierre Bruyas, chercheur à l’IFSTTAR, confie « Le nombre de conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant ne cesse d’augmenter, comme en témoigne cette version 2018 du baromètre. Les sollicitations se multiplient et les contenus échangés sont de plus en plus complexes. Si des pratiques plus sécuritaires semblent se développer, certains usages restent extrêmement dangereux et augmentent fortement le risque d’accident, notamment lorsqu’ils nécessitent de longs détournements du regard. On peut alors regretter que les commandes vocales et les dispositifs mains-libres restent encore sous-utilisés, car ils permettent d’éviter les comportements les plus dangereux ».

Les gros rouleurs davantage accros aux smartphones derrière leur volant 
L’étude montre que plus les kilomètres augmentent, plus les conducteurs utilisent leur smartphone : 53% des sondés parcourant plus de 35000 kilomètres par an reçoivent des messages au volant, et 42% en envoient, respectivement 34% et 26% pour l’ensemble des conducteurs. Mieux équipés, ceux qui conduisent le plus semblent mieux connaitre leur téléphone, ce qui leur permet de l’utiliser sans le manipuler. Ils utilisent davantage leurs kits mains-libres ou les commandes vocales de leur téléphone : les messages sont plus souvent écoutés et dictés que lus et écrits.

* Etude réalisée du 18 septembre au 5 octobre 2018 par l’IFSTTAR grâce au financement de la Fondation 
MAIF sur un échantillon représentatif de la population française de 2883 personnes âgées entre 18 et 65 ans. 
Restitution de l’étude dans son intégralité disponible ici :
www.fondation-maif.fr/pageArticle.php?rub=10&id=977&cptsica 
Infographie disponible ici : https://bit.ly/2Hoe31w
A propos de la Fondation MAIF 
La Fondation MAIF est une FRUP (Fondation Reconnue d’Utilité Publique). Organisme à but non lucratif, elle a pour mission d’étudier les comportements humains et le monde qui nous entoure afin de prévenir au mieux les risques qui affectent les personnes et les biens au quotidien. Elle est engagée sur quatre thématiques majeures : les risques liés à la mobilité, les risques de la vie quotidienne, les risques numériques et les risques naturels. Convaincue qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la Fondation MAIF développe des outils de prévention et de formation et mène des actions concrètes de sensibilisation en direction du grand public et des institutions. L’efficacité de ces outils repose sur l’analyse scientifique des risques et leur mécanisme de survenance. L’origine humaine, technique ou naturelle des accidents est ainsi mieux appréhendée et les moyens de les prévenir ou d’en diminuer les risques mieux identifiés. www.fondation-maif.fr
A propos de l’IFSTTAR 
Acteur majeur de la recherche européenne sur la ville et les territoires, les transports et le génie civil, L’IFSTTAR, l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, est né le 1er janvier 2011 de la fusion de l’INRETS et du LCPC. L’IFSTTAR est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle conjointe du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. www.ifsttar.fr
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